Plan directeur de l’eau

Rivière Blanche

Portrait

Territoire

Le bassin versant de la rivière Blanche est un sous-bassin de la rivière des Outaouais et couvre une superficie de 532 km2. La rivière Blanche débute au lac de l’Écluse puis s’écoule vers le sud pour se jeter dans la rivière des Outaouais à l’ouest de la limite de la ville de Thurso. Le territoire que draine le bassin versant de la rivière Blanche chevauche :

  • Deux régions administratives :
    • L’Outaouais (région 07) : 99,6 % du bassin versant
    • Les Laurentides (région 15) : 0,4 %
  • Quatre MRC :
    • Papineau : 89 % du bassin versant
    • Collines-de-l’Outaouais : 10 %
    • Ville de Gatineau : 0,4 %
    • Antoine-Labelle : 0,4 %
  • 11 municipalités

Géologie, topographie et dépôts de surface

Le bassin versant de la rivière Blanche se situe majoritairement dans la province géologique de Grenville, qui fait partie de la région physiographique du Bouclier canadien. Le restant, soit une bande de 2 à 4 km de largeur au sud du bassin et correspondant aux abords de la rivière des Outaouais, est situé dans la province géologique de la Plate-forme du Saint-Laurent, qui fait partie de la région physiographique des Basses-Terres du Saint-Laurent. Ces dernières sont caractérisées par un relief de basse altitude (45-149 m) et des pentes faibles (0 à 5 %). Le relief y est formé de plaines et de terrasses unies et légèrement ondulées. En allant vers le nord, l’altitude augmente progressivement. Le Bouclier canadien présente quant à lui une topographie très diversifiée, comprenant plateaux, collines, dépressions et massifs. Le sommet le plus élevé du bassin versant, avec une altitude de 520 m, est un mont sans nom situé au nord-ouest du lac du Mainate, dans la réserve faunique de Papineau-Labelle

Dans le sud du bassin versant, la Mer de Champlain, présente il y a environ 13 000 ans, a recouvert le territoire de dépôts argileux, le rendant plus propice à la pratique de l’agriculture. Dans le nord du bassin versant, le territoire est majoritairement recouvert de dépôts glaciaires et fluvio-glaciaires sablonneux formant des sols pauvres, associés souvent à un relief accidenté et à une pierrosité importante.

Climat et domaines bioclimatiques

Deux types de climat sont rencontrés sur le territoire du bassin versant. Dans la moitié sud, le climat est modéré, subhumide et continental. Dans la moitié nord, à partir du nord du lac la Blanche environ, le climat est subpolaire, subhumide et continental. Sous l’influence de ce gradient de climat, le type de végétation dominante change du sud vers le nord. Ainsi, la végétation passe successivement par trois domaines bioclimatiques : l’érablière à caryer cordiforme, l’érablière à tilleul et l’érablière à bouleau jaune.

Hydrographie

La rivière Blanche comporte quatre principaux tributaires, soit la rivière d’Inlet et les ruisseaux McClean, Brady et Buckingham. Environ 330 lacs ont été recensés dans le bassin versant. Les plus importants en superficie sont le lac la Blanche, le lac Écho et le lac de l’Écluse. Les lacs Lady, Hawk, Gull et Long sont des lacs où il y a beaucoup de développement.

Au moins 1,4 % de la superficie du bassin versant est couvert de milieux humides de plus d’un hectare.

Occupation humaine

En 2011, la population du bassin versant de la rivière Blanche était estimée à 2 406 habitants. Il n’y a pas de grande agglomération dans le bassin versant, mais plutôt des concentrations résidentielles en bordure des principaux lacs. L’activité récréotouristique est très présente dans le bassin versant. Les autres activités économiques d’importance sont la foresterie et l’agriculture.

Foresterie

Le secteur forestier couvre près de 26 % de la superficie du bassin versant. On y retrouve des feuillus et des résineux d’essences variées, formant une ressource naturelle de qualité. Une grande partie de cette forêt est de tenure publique. La forêt privée, quant à elle, appartient à plusieurs propriétaires forestiers localisés surtout le centre du bassin versant et autour des secteurs habités. L’exploitation forestière est cependant surtout concentrée dans la réserve faunique de Papineau-Labelle.

Agriculture

L’agriculture se pratique surtout au sud du bassin versant, où 123 km2 (23 % du bassin versant) sont cultivés et en exploitation. L’activité agricole se caractérise principalement par la culture de plantes de fourrages et l’élevage de bovins de boucherie et de vaches laitières.

Sur le territoire du bassin versant, aucune municipalité n’est en surplus de fumier, et chaque municipalité possède les superficies nécessaires pour disposer de l’ensemble des déjections animales produites sur son territoire, en respectant les dépôts maximums de P2O5 mentionnés dans la réglementation gouvernementale.

Industries

Il n’y a pas d’industrie d’importance sur le territoire du bassin versant de la rivière Blanche. Les quelques entreprises présentes sur le territoire du bassin versant sont pour la plupart familiales ou de type atelier, en complémentarité avec l’usage résidentiel.

Récréotourisme

Dans le bassin versant de la rivière Blanche, l’apport touristique est majoritairement constitué de villégiateurs. On y retrouve cependant la réserve écologique de la Forêt-la-Blanche, la réserve faunique de Papineau-Labelle et le club de golf de Thurso.

Milieux protégés

Voici une liste de tous les milieux protégés dans le bassin versant de la rivière Blanche.

Écosystèmes forestiers exceptionnels
  • Forêt ancienne du Lac-de-l’Écluse
  • Forêt ancienne du Lac-Écho
Habitats fauniques
  • 3 aires de confinement du cerf de Virginie
  • 3 habitats du rat musqué
  • 2 héronnières
  • 1 aire de concentration d’oiseaux aquatiques
Réserve écologique de la Forêt-la-Blanche
Réserve faunique de Papineau-Labelle

 

Espèces menacées (2010)

  • Paruline azurée
  • Ginseng à cinq folioles

Espèces vulnérables (2010)

  • Pygargue à tête blanche
  • Ail des bois
  • Fouille-roche gris
  • Tortue géographique

 Espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables (2010)

Faune Flore
Couleuvre à collier Carex faux rubanier
Grenouille des marais Conopholis d’Amérique
Chauve-souris argentée Desmodie nudiflore
Chauve-souris rousse Galéaris remarquable
Goodyérie pubescente
Cardamine découpée
Dryoptère de Clinton
Mulhenbergie des bois
Proserpinie des marais
Renoncule à éventails

Espèces envahissantes ou nuisibles

Il n’y a pas de recensement exhaustif des espèces envahissantes ou nuisibles sur le territoire du bassin versant, mais il est fort probable que certaines espèces s’y retrouvent, dans un avenir plus ou moins rapproché.

Faune Flore
Agrile du frêne Berce du Caucase
Gobie à taches noires Nerprun cathartique
Écrevisse à taches rouges Renouée japonaise
Moules zébrées et quaggas Roseau commun
Salicaire pourpre
Hydrocharide grenouillette
Myriophylle à épis
Châtaigne d’eau

Usages et rejets d’eau

La ville de Thurso puise son eau dans la rivière Blanche. Son usine de production d’eau potable approvisionne les habitants de la ville de Thurso, hors du bassin versant, ainsi que les habitants de Lochaber situés en bordure de la route 317. La majorité des habitants du bassin versant s’approvisionnent donc en eau potable à l’aide de puits individuels. L’épuration des eaux usées de toutes les habitations du bassin versant se fait par des installations septiques individuelles.

Barrages

Il y a six barrages dans le bassin versant de la rivière Blanche, dont trois sont directement sur la rivière Blanche. Il peut s’agir de barrages ou de digues.

 

Diagnostic

 

Selon l’analyse des données du portrait jumelées aux préoccupations et problématiques soulevées par les acteurs de l’eau. Un total de 14 problématiques a été identifié.

14 problématiques
  • Croissance de fleurs d’algues bleu‐vert
  • Érosion des rives
  • Dégradation de la qualité de l’eau de surface
  • Diminution des populations de poisson d’intérêt sportif
  • Inondation des zones habitées et agricoles
  • Conflit d’usage relié à la variation des niveaux de l’eau
  • Conflit d’usage relié aux embarcations à moteur
  • Manque de connaissance sur l’état de l’eau souterraine
  • Perte et dégradation des milieux humides
  • Prolifération des espèces exotiques envahissantes
  • Conflits liés à l’accès public aux plans d’eau
  • Limitation de la circulation du poisson
  • Altération du paysage riverain
  • Espèces menacées et vulnérables
Par la suite certaines problématiques ont été jumelées puisque des liens étroits de causes ou de conséquences étaient possibles entre elles. Également un exercice de priorisation a été fait en tenant compte de la capacité d’agir de l’organisme et de l’échéancier de réalisation du plan d’action, ce qui a permis d’identifier au total neuf problématiques sur lesquels le travail d’élaboration du Plan directeur de l’eau s’est poursuivi.
9 problématiques
  • Dégradation de la qualité de l’eau de surface
  • Dégradation des rives
  • Croissance de fleurs d’eau d’algues bleu‐vert
  • Perte de dégradation des milieux humides
  • Manque de connaissance sur l’état de l’eau souterraine
  • Perte et dégradation des habitats du poisson
  • Introduction et prolifération d’espèces exotiques envahissantes
  • Conflits d’usage entre les différents usagers des plans d’eau
  • Risques associés à la présence du castor

Pour chacune des problématiques retenues, une fiche d’analyse a été réalisée. Toutes les fiches constituent le chapitre du Diagnostic.

 

Enjeux et orientation

Les enjeux de l’eau considérés pour une zone de gestion dépendent des préoccupations et des problématiques qui s’y trouvent. Ainsi, les problématiques retrouvées dans la zone de gestion du COBALI sont regroupées sous quatre grands enjeux de l’eau, la quantité et la qualité de l’eau, les écosystèmes, les aspects sociaux et la sécurité.

Quantité et qualité de l’eau
  • Dégradation de la qualité de l’eau de surface
  • Croissance de fleurs d’eau d’algues bleu‐vert
  • État de l’eau souterraine
Aspects sociaux
  • Conflits d’usage entre les différents usagers des plans d’eau

Écosystème
  • Perte et dégradation des habitats du poisson
  • Perte de dégradation des milieux humides
  • Dégradation des rives
  • Introduction et prolifération d’espèces exotiques envahissantes
Sécurité
  • Risques associés à la présence du castor

Pour chacune des problématiques, une orientation lui a été reliée. Les orientations correspondent aux solutions privilégiées pour répondre aux problématiques identifiées dans le diagnostic. Elles représentent donc un premier pas vers l’élaboration des objectifs. Tout comme les problématiques, elles sont regroupées par enjeux, mais contrairement à celles‐ci, elles débutent par un verbe d’action.

Voici les orientations établies pour chacune des problématiques

Problématiques Orientations
Dégradation de la qualité de l’eau de surface Diminuer les charges provenant de sources ponctuelles
Diminuer les charges provenant des eaux de ruissellement
Croissance de fleurs d’eau d’algues bleu‐vert Éliminer les occurrences de fleurs d’eau d’algues bleu‐vert
État de l’eau souterraine Caractériser l’état (quantité et qualité) de l’eau souterraine
Perte et dégradation des habitats du poisson Maintenir l’intégrité et restaurer les habitats du poisson
Perte et dégradation des milieux humides Freiner la perte et la dégradation des milieux humides
Dégradation des rives Prévenir l’érosion des rives
Introduction et prolifération d’espèces

exotiques envahissantes

Limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes
Conflits d’usage entre les différents usagers

des plans d’eau

Assurer une cohabitation harmonieuse entre les différents

usagers des plans d’eau

Risques associés à la présence du castor Limiter les risques associés à la présence du castor

 

Par la suite, des objectifs ont été identifiés afin de préciser les orientations pour qu’elles puissent répondre aux problématiques et aux causes probables révélées dans le diagnostic.

Pour connaître les objectifs reliés à chacune des orientations, consultez le chapitre traitant des enjeux et orientations.

Plan d’action

Le plan d’action 2013‐2018 a été élaboré en fonction de la réalité du milieu. Les interventions identifiées sont d’ordre général et seront précisées avec les acteurs du milieu lorsque viendra la mise en œuvre de l’action.

Une consultation publique s’est déroulée en décembre 2012 afin de présenter le plan d’action aux acteurs de l’eau de la zone de gestion. La participation citoyenne et les commentaires recueillis ont permis de bonifier le présent document.

Plan d’action 2013-2018

Programme de suivi et d’évaluation

Par souci d’améliorer les pratiques, d’adapter les projets avec la réalité changeante du milieu et d’évaluer la performance, le COBALI a mis sur pied un programme de suivi et d’évaluation des actions et du plan d’action dans son ensemble.

Dans le plan d’action, des indicateurs d’objectifs et des indicateurs d’actions ont été identifiés. Ces repères permettront de mesurer les résultats et au besoin, d’ajuster les interventions ou d’entamer une réflexion quant à la démarche adoptée pour la mise en œuvre de l’action visée.

Programme de suivi et d’évaluation