Milieux humides

Les milieux humides sont des zones immergées ou inondées sur une période suffisamment longue pour influencer la nature du sol et la composition des végétaux. Il s’agit donc de tourbières, d’étangs, de marais ou de marécages. Environ 2,2 % du territoire du bassin versant de la rivière du Lièvre et près de 1,4 % du bassin versant de la rivière Blanche sont couverts par des milieux humides de plus d’un hectare.

photo-milieu-humideLes milieux humides ont plusieurs fonctions écologiques, dont la filtration de l’eau douce. Ils agissent aussi comme une éponge et régularisent les débits d’eau. Ce sont aussi des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle, car ils abritent une grande biodiversité. Plusieurs espèces animales et végétales dépendent des milieux humides pour leur survie.

La pression sur ces milieux est importante, car ils sont souvent remblayés ou creusés, les sols sont imperméabilisés et les rives sont artificialisées pour la construction de routes, de quartiers résidentiels ou pour drainer des terres agricoles. La modification de ces zones, même de façon minime, peut grandement perturber leurs rôles cruciaux dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes. Il est nécessaire de préserver l’intégrité des milieux humides en favorisant les aménagements qui privilégient le caractère naturel de ces milieux, ou encore leur rétablissement si le milieu est dégradé.

photo-ouaouaronPour préserver les milieux humides, il est recommandé de ne pas circuler avec des véhicules motorisés dans ces milieux, de conserver une bande riveraine naturelle assez profonde autour et d’éviter l’application d’engrais et de pesticides. Pour les propriétaires de milieux humides, diverses options de conservation sont possibles. La protection des milieux humides est l’affaire de tous!

Pour en savoir davantage sur l’élaboration d’un plan de conservation des milieux humides ainsi que sur le cadre légal et les autorisations environnementales liés à ces milieux, consultez le site Internet du MDDELCC sur le sujet.

Avant d’effectuer des travaux dans un milieu humide, renseignez-vous auprès de votre municipalité, du MDDELCC et/ou du MFFP : des autorisations peuvent être nécessaires et des méthodes particulières doivent être appliquées afin d’éviter la dégradation excessive du milieu.

Les types de milieux humides

Marais

Milieu dominé par des plantes aquatiques émergées, flottantes et/ou submergées.

  • C’est un milieu ouvert, habituellement inondé, où la végétation abonde. On les retrouve surtout en bordure des cours d’eau.
  • La plante emblématique des marais est la quenouille. On y retrouve toutefois plusieurs autres plantes bien adaptées aux milieux inondés ou riverains, par exemple les sagittaires ou la pontédérie cordée. Lorsque le marais est dominé par des herbacées, on considère qu’il s’agit d’une prairie humide.

Eau peu profonde et / ou étang

Sont caractérisés par une végétation aquatique en périphérie d’une eau stagnante et peu profonde.

  • Les milieux de type eau peu profonde / étang sont souvent créés par le travail des castors, ce qui explique parfois leur présence à intervalle sur le tracé des ruisseaux. Les nénuphars sont un exemple de végétation typique du type « eau peu profonde », particulièrement en bordure de lacs ou de cours d’eau.
  • En l’absence d’une validation sur le terrain permettant de classer les milieux humides plus précisément, les milieux ouverts, périodiquement inondés et en bordure d’un cours d’eau sont souvent désignés sous le terme général « eau peu profonde », dans la cartographie des milieux humides potentiels.

Marécage

Un marécage est un milieu boisé avec un sol soumis aux inondations saisonnières, saturé en eau et dominé par des arbres ou des arbustes

  • Par temps sec, les marécages ressemblent souvent à une forêt.
  • Un sol noir dénudé ou qui présente des feuilles noircies révèle souvent leur présence
  • Les arbres présentent souvent des troncs élargis à la base et des racines hors du sol. On y retrouve typiquement le frêne noir, le thuya occidental, l’aulne rugueux, l’érable rouge ou encore l’orme d’Amérique. Malgré leur aspect forestier, il s’agit bien de milieux humides. S’ils sont communs en bordure des cours d’eau, plusieurs se retrouvent isolés sous forme de cuvettes.
  • On retrouve parfois dans les marécages des petites cuvettes qui forment des étangs temporaires au printemps, mais qui s’assèchent durant l’été. Ces petits milieux humides forestiers sont particulièrement prisés pour la reproduction de certains amphibiens.

Tourbière

​Une tourbière, par définition, est un milieu humide dont le sol est constitué de tourbe.  La tourbe est un sol organique (terre noire) ou constituée de matière en décomposition. Elle résulte de la dégradation et de l’accumulation des débris végétaux, qui s’accumulent plus vite qu’ils ne sont décomposés en raison de forte présence d’eau, de l’acidité du sol ou du manque d’oxygène rendant plus difficile la décomposition. Elles sont souvent recouvertes de mousses, de sphaignes (apparence de mousses rougeâtres), d’herbacées et d’éricacées (thé du labrador, par exemple). Circuler dans une tourbière donne l’impression de marcher sur une éponge.

Hydrologiquement, on distingue deux types de tourbières :

  • La tourbière ombrotrophe (ou bog) est alimentée uniquement par les eaux de précipitations ou de la nappe phréatique et est généralement saturée d’eau de façon permanente. Elle est généralement très acide et comporte une flore très spécifique (sphaignes, éricacées, certaines orchidées et plantes carnivores).
  • La tourbière minérotrophe, quant à elle, est alimentée en eau par un cours d’eau qui la traverse ou la borde. Elle est souvent dominée par des herbacées.

Du point de vue du couvert végétal, on distingue généralement deux types de tourbières :

  • La tourbière boisée comporte un couvert d’arbres et a donc l’apparence d’une forêt.
  • La tourbière ouverte ne comporte pas de couvert d’arbres et est dominée par les mousses, les herbacées ou des arbustes. Dans certains cas, on y trouve des mares et même des tapis « flottants ».

Fonctions des milieux humides

Filtre contre la pollution
rempart contre l’érosion et rétention des sédiments, en permettant, entre autres, de prévenir et de réduire la pollution en provenance des eaux de surface et souterraines et l’apport des sédiments provenant des sols.
Régulation du niveau d’eau
en permettant la rétention et l’évaporation d’une partie des eaux de précipitation et des eaux de fonte, réduisant ainsi les risques d’inondation et d’érosion et favorisant la recharge de la nappe phréatique.
Conservation de la diversité biologique
par laquelle les milieux ou les écosystèmes offrent des habitats pour l’alimentation, l’abri et la reproduction des espèces vivantes.
Écran solaire et brise-vent naturel
en permettant, par le maintien de la végétation, de préserver l’eau d’un réchauffement excessif et de protéger les sols et les cultures des dommages causés par le vent.
Séquestration du carbone
(notamment par les tourbières) et d’atténuation des impacts des changements climatiques.
Qualité du paysage
en permettant la conservation du caractère naturel d’un milieu et des attributs des paysages associés, contribuant ainsi à la valeur des terrains voisins.